Après 65 ans, le système immunitaire perd en réactivité. Ce phénomène, appelé immunosénescence, rend les infections courantes plus dangereuses et les complications plus fréquentes. Les vaccins recommandés pour les seniors ne sont pas les mêmes que ceux proposés aux adultes plus jeunes, et le calendrier vaccinal évolue chaque année.
Immunosénescence : pourquoi le corps répond moins bien aux infections après 65 ans
Avec l’âge, les cellules immunitaires se renouvellent plus lentement. Elles reconnaissent moins vite les agents infectieux et produisent des anticorps en quantité réduite. Ce déclin progressif explique pourquoi une grippe banale chez un adulte de 40 ans peut entraîner une hospitalisation chez une personne de 75 ans.
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C’est aussi la raison pour laquelle certains vaccins destinés aux seniors contiennent des doses d’antigène plus élevées ou des adjuvants qui stimulent la réponse immunitaire. Un vaccin standard ne suffit pas toujours après 65 ans. La formulation doit être adaptée à un système de défense moins performant.
Vous avez déjà remarqué qu’un simple rhume vous fatigue davantage qu’il y a vingt ans ? Ce ressenti traduit cette baisse d’immunité. La vaccination compense en partie ce déficit en préparant le corps à réagir avant l’infection.
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Vaccins grippe renforcés pour les seniors : ce qui a changé récemment
Depuis la campagne 2025-2026, deux vaccins antigrippaux renforcés sont proposés aux personnes de 65 ans et plus. Le premier contient une dose d’antigène quatre fois plus élevée que le vaccin classique. Le second associe un adjuvant pour amplifier la réponse immunitaire.
La HAS recommande de privilégier ces vaccins renforcés chez tous les 65 ans et plus, lorsqu’ils sont disponibles. Cette priorisation est récente et représente un changement concret dans la stratégie de prévention.

La grippe provoque chaque hiver un nombre élevé d’hospitalisations et de décès parmi les personnes âgées. L’épidémie 2024-2025 figure parmi les plus sévères depuis 2009 selon Santé publique France. La vaccination annuelle, chaque automne, reste le moyen le plus direct de réduire ce risque.
Couverture vaccinale en collectivité
En Ehpad, la couverture vaccinale contre la grippe dépasse l’objectif de 75 % fixé par l’OMS, avec un taux rapporté à plus de 82 %. La vaccination reste recommandée, pas obligatoire, pour les résidents de 65 ans et plus. L’obligation concerne uniquement les professionnels de santé, une distinction que beaucoup de familles ignorent.
Vaccin pneumocoque : la bascule vers le VPC21 en 2026
Le pneumocoque provoque des pneumonies, des méningites et des septicémies. Ces infections sont particulièrement graves chez les seniors et les personnes atteintes de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, pathologies pulmonaires).
En 2026, la HAS a actualisé sa stratégie vaccinale contre le pneumocoque. Le vaccin VPC21 (Capvaxive) est désormais recommandé en dose unique chez les 65 ans et plus. Ce vaccin couvre davantage de souches que les versions précédentes. Plusieurs points à retenir :
- Une seule dose suffit, sans rappel prévu pour l’instant.
- Les personnes déjà vaccinées avec le VPC20 n’ont pas besoin de se faire revacciner.
- Les adultes à risque, même avant 65 ans, sont aussi concernés par cette recommandation.
Cette bascule vers un vaccin à plus forte valence est une évolution que la plupart des contenus de vulgarisation n’ont pas encore intégrée. Si vous consultez votre médecin pour un bilan vaccinal, demandez précisément quel vaccin antipneumococcique vous a été administré.
Covid-19, zona et rappels DTP : le reste du calendrier vaccinal senior
Covid-19
La vaccination contre le Covid-19 est recommandée chaque automne pour les personnes de 65 ans et plus. Les personnes de 80 ans et plus bénéficient d’une dose supplémentaire au printemps, ainsi que les résidents d’Ehpad. Le rythme semestriel vise à maintenir un niveau de protection suffisant face aux variants circulants.
Zona
Le zona résulte de la réactivation du virus de la varicelle, qui reste dormant dans l’organisme pendant des décennies. Après 65 ans, le risque de réactivation augmente. La vaccination réduit la fréquence des épisodes et surtout la gravité des douleurs post-zostériennes, qui peuvent durer des mois.

Diphtérie, tétanos, poliomyélite et coqueluche
Les rappels DTP restent nécessaires tout au long de la vie. La coqueluche est souvent ajoutée au rappel, car elle peut provoquer des complications respiratoires sévères chez les seniors. Des documents de synthèse récents suggèrent un raccourcissement des intervalles de rappel après 65 ans, une évolution à suivre lors de votre prochaine consultation.
VRS : un vaccin encore méconnu pour les infections respiratoires
Le virus respiratoire syncytial (VRS) est surtout connu comme une menace pour les nourrissons. Chez les seniors, il provoque pourtant des bronchiolites et des pneumonies graves. Un vaccin contre le VRS existe désormais pour les personnes âgées.
La plupart des pages sur la vaccination des seniors ne mentionnent pas encore le VRS. Cette nouvelle couche de prévention respiratoire mérite d’être discutée avec votre médecin, surtout si vous souffrez de pathologies pulmonaires ou cardiaques chroniques.
- Le vaccin cible la protéine de fusion du VRS sous sa forme préfusionnelle.
- Des données de pharmacovigilance post-commercialisation sont déjà disponibles.
- La vaccination s’adresse aux seniors à risque, en complément des vaccins grippe et pneumocoque.
Le calendrier vaccinal après 65 ans ne se résume plus à la grippe et au tétanos. Les évolutions de 2025 et 2026, du vaccin grippal renforcé au VPC21 en passant par le VRS, dessinent une stratégie de prévention plus complète. Un bilan vaccinal annuel avec votre médecin permet de vérifier quels rappels sont à jour et quels nouveaux vaccins vous concernent.

